Comment ressentez-vous votre grossesse ?

Comment mettre des mots sur l’expérience inédite de la maternité ?

La semaine dernière, sur Twitter, un ami m’a posé cette question. Et sur le coup, je ne savais pas quoi lui répondre, comment mettre des mots sur la tempête de sentiments qui me parcourais durant mes grossesses. Chaque mois, chaque semaine, de nouvelles choses à penser, des moments inédits, des émotions fortes. Il m’aura fallu quelques jours pour réussir à exprimer une réponse, que je décide de partager avec vous dans ce billet de blog 😊.

La grossesse, c’est une chaîne d’attente

L'attente

J’aurais dit que la maternité signifie attendre. C’est l’attente angoissante devant ce test de grossesse, avec l’espoir d’y voir apparaître les petites lignes, ces deux lignes de départ, après plusieurs mois d’échec et de déception.
C’est le sentiment indescriptible de joie pure, et de terreur, de voir comment, dans neuf mois, votre vie entière va changer.
C’est l’énorme soupir de soulagement lorsque vous entendez le cœur battre pour la première fois, lorsque vous voyez cette image floue sur un scanner et que vous vous autorisez à imaginer ce qu’il ou elle sera, ce que sera votre vie avec lui ou elle.
Il s’agit de faire des choix, concernant le nom, le plan de naissance, la chambre, les méthodes d’alimentation.
C’est le sentiment de panique lorsque vous réalisez qu’après neuf longs mois, vous êtes en train d’accoucher.

Un chemin plein de surprise

La maternité est une question de surprise. C’est le moment où vous le ramenez à la maison et où vous réalisez que vous pourriez aussi bien jeter ce bouquin d’aide pour bébé par la fenêtre, que votre bébé a des désirs et des besoins spécifique et que la seule personne qui peut le comprendre, c’est vous.
C’est l’histoire d’un bébé qui crie et pleure et qui, d’une manière ou d’une autre, doit trouver le moyen de faire la différence entre un cri de faim, un cri de fatigue, un cri de couche sale, un cri de colère ou un cri de douleur. C’est le choc de ces couches, plus de couches que vous n’auriez jamais pu imaginer, la diarrhée explosive, jusqu’au cou, le caca sous les ongles, les jets de pipi qui vous frappent de plein fouet au visage. Il s’agit du vomissement, du vomissement en masse, sur tous vos vêtements, sur votre canapé neuf sur lesquelles le chat n’a pas le droit de monter, vos murs fraîchement repeints, votre voiture autrefois impeccable. Il s’agit de l’alimentation, à deux, trois, quatre, cinq heures du matin, lorsque vous avez l’air, et vous vous sentez, comme un zombie, berçant leur panier d’avant en arrière, avec votre pied tendu hors des couvertures, en priant pour qu’il s’endorme avant le lever du jour.

La fierté d’un parcours

La maternité est une question de fierté. La première fois qu’ils roulent sur le ventre, s’assoient seuls, rampent, font leurs premiers pas chancelants vers vos bras ouverts. C’est le moment où ils prononcent leur premier mot, où ils vous appellent en criant « Maman », où ils vous donnent le premier bisou, le plus baveux, sans que vous ne bronchiez. C’est le rire, les gloussements, le regard sur leur beau petit visage quand leurs yeux s’illuminent au son de votre voix, quand peu importe votre fatigue, votre stress, vous savez que vous êtes la personne la plus importante de leur vie, qu’ils dépendent de vous, de tout leur cœur. C’est le moment où vous les apercevez de loin, la façon dont leurs cheveux tombent en boucles souples sur leur cou, la rougeur de leurs joues, le pétillement de leurs yeux.

Les milles-et-unes peurs

La maternité, c’est l’inquiétude. Ce sont les nuits passées à dormir sur le sol de leur chambre lorsqu’ils sont malades, à rester éveillée juste pour vérifier qu’ils respirent toujours, à se redresser à chaque toux, chaque éternuement, chaque gémissement. Ce sont les nuits où vous conduisez comme une folle jusqu’aux urgences, avec une température élevée que vous n’arrivez pas à faire baisser, les jours passés assises à leur chevet dans un service de pédiatrie très fréquenté, à regarder leur petite poitrine se soulever et s’affaisser. Ce sont les nez morveux, les genoux ensanglantés, les baisers sur les bosses et les bleus, les caresses sur leur petit visage, les médicaments à administrer, le souhait de pouvoir échanger nos places et de faire disparaître leur douleur.

La patience, la mère des vertus

La maternité est une question de patience. C’est se plier en quatre pour calmer les pleurs, quand ils mettent une heure à manger quelques bouchées, quand ils veulent manger eux-mêmes, même si c’est hyper-lent et salissant. C’est compter silencieusement jusqu’à dix quand ils mettent une éternité à mettre leurs chaussures, à boutonner leur manteau, en se rappelant que ce n’est pas la fin du monde d’être en retard, pour la troisième fois de la journée. C’est supporter Peppa Pig qu’il adore, chantonner ce fichu air de l’Âne Tro-tro qui vous sort par les yeux. C’est marcher sur des Lego, jouer à « l’avion » pour qu’il daigne accepter de manger ce fichu brocoli.

La fin de la dépendance

Petit oiseau prendra son envol

Petit oiseau prendra son envol

Être mère, c’est lâcher prise. C’est les emmener à leur premier jour d’école maternelle ou primaire, leur faire un signe d’adieu et avoir l’impression que votre cœur va se briser. Ce sont les larmes silencieuses lorsque vous vous éloignez, les sanglots désespérés sur le chemin du retour, la dure prise de conscience que votre bébé est en train de grandir, que le temps passe si vite. C’est avoir une demi-heure d’avance pour aller les chercher le soir, se pencher par la fenêtre pour apercevoir votre bébé, prier pour qu’il aille bien. C’est ce sentiment de soulagement lorsqu’ils se précipitent dans vos bras à la fin de la journée, sentant la pâte à modeler et les petits pains aux framboises, vous disant combien vous leur avez manqué, vous présentant une peinture trempée, détrempée, humide et plaçant leur petite main dans la vôtre.

Une profusion d’amour

De l'amour, toujours plus d'amour

De l’amour, toujours plus d’amour

La maternité, c’est l’amour. Le genre d’amour qui est inexplicable, inconditionnel, incommensurable. Ce sont les câlins, les baisers, les moments où votre cœur bat à tout rompre. C’est une carte de fête des mères faite à la main, un bouquet de marguerites fané dans une main sale, un petit visage fatigué qui vous embrasse pour vous dire bonne nuit, les moments où ils se tournent vers vous et vous disent « Maman, je t’aimerai toujours ! »

La maternité, c’est être une maman, un soignant, une femme de ménage, un cuisinier. C’est être une infirmière, un enseignant, un arbitre, un chauffeur de taxi. C’est être la petite souris, le Père Noël, le lapin de Pâques, une centaine de rôles différents, un millier de choses différentes. C’est jongler avec toutes les balles en même temps, se déchirer, faire des sacrifices, douter de ses capacités, de sa force, de sa santé mentale. C’est les rires, les pleurs, les cris incessants, les moments où vous vous regardez et vous demandez : « Quand suis-je devenue ma propre mère ? » C’est une vie de moments, un million d’émotions différentes et les montagnes russes les plus grandes, les plus folles et les plus sauvages auxquelles vous participerez jamais.

Mais c’est tout cela qui fait de la maternité l’expérience la plus incroyable, la plus gratifiante et la plus unique qui soit. Pour reprendre l’une de mes citations préférées, « Personne n’a dit que ce serait facile, ils ont juste promis que ça en vaudrait la peine ».

La maternité, c’est tout ça, c’est TOUT.

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